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Il n’y a pas longtemps, un vendredi matin, Simar Anand se préparait pour la fin de semaine la plus occupée de l’année au Resto Darbar, sur le boulevard Saint-Laurent à Montréal. L’occasion? La fin de semaine du Grand Prix. La liste des réservations du restaurant de 40 places comptait des clients de partout dans le monde en raison de l’arrivée en ville de Max Verstappen, Lewis Hamilton, Lando Norris et compagnie. Il y avait 76 réservations pour le vendredi soir, sans oublier les clients qui allaient tenter leur chance sans réservation.
Ceux qui connaissent Simar et ont travaillé avec lui chez Fasken savent qu’il entretient de nombreuses passions. Son rôle de propriétaire et de chef cuisinier du Darbar en est un exemple.
Les Canadiens de Montréal sont une autre de ses passions, même si leur parcours en séries éliminatoires a eu du bon et du mauvais pour lui, contrairement à la Formule 1. Les soirs de match, « il n’y avait pas un chat ici, a-t-il affirmé. Les gens ne vont pas dans un restaurant indien chic pour un bon repas s’il y a du hockey. » Les Canadiens occupent tout de même une place importante dans son cœur, en partie pour ce qu’ils représentent pour sa famille : « Mon père et moi nous disputions. Souvent. Mais, peu importe le désaccord, les Canadiens nous rapprochaient l’un de l’autre. »
Simar est aussi passionné par le droit et le rôle qu’il peut jouer pour faire avancer les entreprises et les communautés. Depuis son départ de Fasken, il a fondé son propre petit cabinet d’avocats, au service de clients entrepreneurs.
L’entrepreneuriat est une autre de ses passions. C’est cette passion qui l’amène le plus souvent à repenser à son séjour chez Fasken. Simar s’est joint au cabinet en 2016 dans le cadre du processus de recrutement d’étudiants d’été à Toronto : « J’ai été reconnaissant de recevoir cet appel à 17 h un mercredi après-midi pendant la semaine du recrutement. J’ai eu la chance de recevoir quelques-uns de ces appels. Quelque chose me disait que Fasken était le bon choix. Les mois et les années qui ont suivi m’ont confirmé que j’ai eu raison d’écouter cette petite voix. C’est l’approche entrepreneuriale du cabinet. Nous [il utilise encore le « nous »] sommes sur le terrain dès le premier jour. Nous formons les gens à aller chercher du travail, même s’il s’agit de travail interne. Cette approche m’a préparé pour ce que je fais aujourd’hui. »
Simar fait beaucoup de choses « aujourd’hui », mais l’entreprise sur laquelle il se concentre maintenant et qu’il cherche à développer est Heritage Capital Partners. Heritage est la prochaine étape dans le parcours de Simar, qui est passé d’avocat à entrepreneur, puis à investisseur (un investisseur qui « s’investit » beaucoup, disons-le). Avec son associé, Christopher Koklas, il a convaincu plus de 40 investisseurs de déployer des capitaux patients auprès de deux leaders de confiance. Techniquement, on est dans le secteur du capital-investissement privé. Mais avec Heritage, Simar et Chris réinventent le concept et mettent en œuvre une stratégie délibérée axée sur l’acquisition et l’exploitation de petites et moyennes entreprises. Leur approche, selon Simar, se démarque non pas par l’ingénierie financière, mais par le positionnement.
« Lorsque nous frappons à la porte, nous avons une conversation différente, explique-t-il. Nous ne cherchons pas à démanteler l’entreprise ni à en orchestrer la cession dans un horizon fixe. Nous sommes deux personnes qui veulent faire tourner une entreprise de grande qualité. » Plusieurs des propriétaires avec qui ils travaillent approchent de leur retraite et sont profondément investis – financièrement et émotionnellement – dans l’entreprise qu’ils ont créée. L’approche de Simar, soutenue par des investisseurs fournissant des capitaux patients, mise sur la continuité plutôt que sur la rupture. L’équipe a constitué une longue liste d’acquisitions potentielles, grâce à des démarches directes, à des réseaux professionnels (comptables, conseillers en gestion de patrimoine et cabinets d’avocats) et à une présence locale par l’intermédiaire des chambres de commerce et des associations professionnelles. L’accent est mis, du moins initialement, sur des entreprises dans lesquelles « ils peuvent réellement mettre la main à la pâte », dans des secteurs comme la production alimentaire, l’emballage et d’autres industries fragmentées présentant un potentiel de consolidation. « Nous voulons bâtir quelque chose sur 10 à 15 ans, et non revendre rapidement des actifs », a précisé Simar.
Il mentionne de nombreux collègues de Fasken lorsqu’on lui demande de parler de ses mentors et évoque plus précisément une soirée avec Wojtek Baraniak, associé, comme exemple : « J’étais étudiant et je travaillais sur un mandat pour Wojtek. Et je me suis solidement planté. Wojtek aurait pu refaire le travail sans me parler. Il aurait pu être fâché. Mais il est resté avec moi patiemment jusqu’à 23 h la veille de la clôture. Nous avons examiné le document ligne par ligne, pour que j’apprenne. Je n’ai jamais oublié ce moment, même si lui ne s’en souvient probablement pas. »
Les principaux mentors de Simar ne sont toutefois pas avocats. Ce sont des membres de sa famille – ses parents. Le père de Simar a dirigé le Darbar en tant que chef et figure de proue pendant des décennies. Il a malheureusement compté parmi les premières victimes de la COVID‑19, décédant dans les premières semaines de la pandémie. Le décès du père de Simar a marqué un tournant dans sa vie. Lui et sa mère étaient déterminés à perpétuer l’héritage familial, incarné par le restaurant. Ces jours ont été incroyablement difficiles. Le temps qui passe permet aujourd’hui à Simar de mieux mesurer les moments marquants du mentorat de son père. À écouter Simar, on peut penser que son père était un mélange entre MacGyver et Gordon Ramsay : « Mon père était l’un des hommes les plus débrouillards que j’ai connus. Il trouvait toujours une solution à tout. » Qu’il s’agisse de négocier avec des fournisseurs pour le restaurant ou de composer avec des autorités municipales récalcitrantes, M. Anand trouvait des façons non conventionnelles de résoudre des problèmes qui semblaient impossibles.
Au risque d’entrer dans le personnel, l’auteur des présentes lignes a été témoin de la persévérance de M. Anand. Et de son humour. J’ai mangé au Darbar quelques fois. La première fois, le père de Simar m’a proposé à plusieurs reprises de me préparer l’une de ses boissons préférées, à base de whisky canadien. J’ai refusé plus d’une fois. Vers la fin du repas, il s’est assis en face de moi et a posé un verre devant moi. Ou c’est ce que je croyais. Avec un haussement d’épaules, j’ai pris une gorgée du verre. « C’est mon verre », a lancé, du tac au tac, la personne assise en face de moi. Tous ceux qui étaient à portée de voix ont éclaté de rire.
L’autre mentore de premier plan dans la vie de Simar est sa mère. Si son père était du genre à « se débrouiller coûte que coûte », sa mère est cette présence calme, stable et imperturbable. « Même si le monde entier s’effondre autour d’elle, elle sera d’un calme olympien », a déclaré Simar. Sa dignité calme a ancré Simar, sa famille et le restaurant pendant des années. Que ce soit dans la cuisine du restaurant, à la maison ou dans les nombreux rôles qu’elle a joués au fil des ans, elle a toujours apporté de la stabilité. Elle est devenue un modèle pour Simar dans sa façon dont il gère la pression dans ses propres entreprises.
Toute bonne chose à une fin. Une dernière question pour la route : « Comment te prépares-tu à la plus grande soirée de l’année au restaurant? »
La réponse : « Je m’en vais au gym. Et je vais m’entraîner jusqu’à être tellement épuisé que j’aurai du mal à lever les bras. » Tout est question d’équilibre, et pour Simar Anand, de jongler avec autant de projets que possible.
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