ARTICLE
19 March 2026

Évolution du seuil de « non-conformité grave » en droit canadien de la bienfaisance

MT
McCarthy Tétrault LLP

Contributor

McCarthy Tétrault LLP provides a broad range of legal services, advising on large and complex assignments for Canadian and international interests. The firm has substantial presence in Canada’s major commercial centres and in New York City, US and London, UK.
En droit fiscal canadien, être un « organisme de bienfaisance enregistré » est un signe de confiance publique et d'approbation réglementaire...
Canada Tax
McCarthy Tétrault LLP are most popular:
  • within Wealth Management topic(s)
  • with Senior Company Executives, HR and Inhouse Counsel
  • with readers working within the Accounting & Consultancy, Insurance and Healthcare industries

Introduction

En droit fiscal canadien, être un « organisme de bienfaisance enregistré » est un signe de confiance publique et d’approbation réglementaire, qui confère la capacité de délivrer des reçus de don officiels. Dans le cadre de l’évolution du paysage réglementaire en 2026, se profile une préoccupation croissante que la « non-conformité grave » passe d’un acte répréhensible intentionnel pour viser l’exactitude administrative. Cette tendance soulève la question de savoir si les organismes de bienfaisance doivent désormais non seulement poursuivre leur mission sociale, mais aussi maintenir des mécanismes de contrôle internes et d’établissement de rapports impeccables?

La ligne de référence traditionnelle en matière d’application de la loi

En vertu de la Loi de l’impôt sur le revenu  (Canada), l’Agence du revenu du Canada (l’« ARC ») peut révoquer un enregistrement pour des comportements compromettant l’intégrité du secteur. Par le passé, la révocation était un « dernier recours » appliqué aux infractions graves telles que la fraude, le blanchiment d’argent, la diversion d’actifs, le prêt de numéros d’enregistrement et les stratagèmes abusifs relatifs à des dons utilisés comme abris fiscaux. Dans de tels cas, la « non-conformité grave » renvoyait à un comportement coupable — soit un mépris intentionnel ou imprudent de la loi. La révocation visait à protéger l’intégrité des incitatifs fiscaux offerts au moyen de crédits d’impôt et faisait en sorte que les ressources servent les fins de bienfaisance.

Le changement intervenu dans la réglementation : Questions liées à la proportionnalité

Des discussions récentes dans le secteur philanthropique soulèvent des questions sur ce qui constitue une violation « grave » pour les organismes de réglementation. Il y a une préoccupation croissante que les lacunes administratives soient perçues de manière plus grave. Traditionnellement, les problèmes à faible et moyen risque étaient gérés par des conseils ou des mesures correctives plutôt que par la révocation d’un enregistrement. Désormais, la ligne entre la « surveillance procédurale » et la « non-conformité grave » s’estompe. Les lacunes dans la tenue de dossiers internes et la supervision des ressources entraînent de plus en plus souvent des révocations, ce qui laisse présager que l’environnement réglementaire pourrait s’attendre à une administration presque parfaite et considérer les erreurs techniques comme des violations importantes.

L’analyse du cadre évolutif des politiques

Une approche stricte des normes administratives renforce l’intégrité du statut d’organisme de bienfaisance, garantissant que les incitatifs fiscaux sont gérés de manière transparente. Cependant, le respect strict des exigences peut avoir une incidence disproportionnée sur les organisations de plus petite taille ou ayant des ressources limitées qui ne peuvent pas répondre à des exigences complexes, les exposant à un risque lié à la réglementation. Les organismes de charité de plus grande envergure, en particulier ceux qui déploient des initiatives innovantes et complexes, peuvent également être exposés à des défis si les cadres de réglementation ne s’adaptent pas aux pratiques modernes, de sorte que leurs actions puissent être interprétées de manière erronée comme étant non conformes. Cela souligne la nécessité d’un environnement réglementaire réactif et flexible, adapté aux réalités diverses des organismes de bienfaisance de base et de grande envergure.

Enjeux professionnels liés au leadership

Les dispositions concernant les « particuliers non admissibles » constituent un frein personnel important pour les chefs de file du secteur. Si le statut d’un organisme de bienfaisance est révoqué en raison d’une « violation grave » (même si elle est liée à des déficiences administratives plutôt qu’à une faute intentionnelle), l’ARC peut désigner ses administrateurs et ses responsables comme étant non admissibles. Cette désignation peut interdire à un particulier d’occuper des fonctions similaires dans tout autre organisme de bienfaisance enregistré pendant plusieurs années. Alors que la frontière entre les erreurs techniques et les fautes importantes s’estompe, même les administrateurs bien intentionnés risquent d’être pénalisés pour des manquements procéduraux qu’ils n’ont peut-être pas directement supervisés.

La pression de la conformité : Coûts et Dépenses

La réglementation en constante évolution impose un « coût de conformité » significatif qui pèse le plus lourdement sur les petites et moyennes organisations. Pour un organisme de bienfaisance de base, le coût de la mise en œuvre chaque année de mécanismes de contrôle interne de niveau professionnel, allant des états financiers audités et des consultations de conseillers juridiques à la tenue de dossiers numériques spécialisés, peut être exorbitant. Lorsque la précision administrative devient une condition préalable à la survie, ces coûts détournent inévitablement des ressources limitées des missions de bienfaisance de première ligne. De plus, cette tendance risque d’aliéner les donateurs que l’ARC cherche précisément à protéger; alors que les ratios de « frais généraux » augmentent pour répondre aux nouvelles normes réglementaires, les donateurs peuvent percevoir un manque d’efficacité, ce qui pourrait réduire les contributions sur lesquelles ces organisations comptent pour exister. Pour un organisme de charité de petite taille, le choix devient de plus en plus binaire : dépenser pour se conformer afin de conserver son enregistrement, ou dépenser pour la mission et risquer une désignation de « non-conformité grave ».

Conclusion : Vers la proportionnalité?

Si la « non-conformité grave » en vient à signifier une précision administrative, le secteur se trouve à un carrefour. Bien qu’une surveillance rigoureuse maintienne la confiance du public, assimiler des erreurs techniques à des fautes importantes risque de déstabiliser les organisations et de dissuader les dirigeants d’expérience. Une approche proportionnelle — favorisant des sanctions intermédiaires et des mesures de redressement pour les erreurs de procédure — est cruciale pour réserver les conséquences les plus sévères aux infractions véritablement odieuses. 

To view the original article click here

The content of this article is intended to provide a general guide to the subject matter. Specialist advice should be sought about your specific circumstances.

[View Source]

Mondaq uses cookies on this website. By using our website you agree to our use of cookies as set out in our Privacy Policy.

Learn More