La période précédant les Jeux olympiques est particulièrement fébrile pour Marc-André Fabien. L'associé de Fasken et président du Comité paralympique canadien se prépare à accompagner Équipe Canada à Milano Cortina, où des années de travail acharné se traduiront par des performances enlevantes sur les patinoires et pistes de ski du nord de l'Italie.
Plaideur aguerri, Marc-André Fabien a décrit avec conviction, lors d'une entrevue récente, les valeurs qui animent son engagement de près de 30 ans au sein du mouvement paralympique, et le rôle crucial que joue l'organisation qu'il préside auprès des athlètes paralympiques canadiens.
Qu'est-ce qui vous a mené à vous impliquer auprès du Comité paralympique canadien (CPC) ?
La politique ! En 1997, j'étais bénévole au comité de financement d'un parti fédéral, dont le président contribuait à l'organisation d'un tournoi de volleyball paralympique à Montréal.
Il m'a demandé si je pouvais l'aider à récolter 10 000 $ pour le tournoi. J'ai réussi à amasser cette somme en 24 heures. Je lui ai alors fait remarquer qu'il était plus facile de collecter des dons pour les athlètes paralympiques que pour notre parti...
En raison de ma contribution, on m'a invité à assister au tournoi. La compétition rassemblait près d'une centaine d'athlètes et durait une semaine. Je comptais assister seulement aux matchs d'ouverture et de fermeture, mais j'y ai finalement passé la semaine entière. L'événement étant relativement petit, il était facile d'entrer en relation avec les athlètes et j'ai été très impressionné par ce que j'ai vu.
Le CPC m'a ensuite demandé de me joindre à son C.A., ce que j'ai accepté en 1998. J'ai ensuite été vice-président jusqu'en 2006, en plus d'avoir été impliqué dans la création d'une fondation pour l'organisation, puis j'en suis devenu le président en 2017.
Fasken soutient le CPC depuis longtemps. Qu'est-ce qui rend ce partenariat significatif ?
Les deux organisations partagent des valeurs communes. La quête de l'excellence. La rigueur, dont font preuve autant les avocats dans l'exercice de la profession que les athlètes paralympiques dans la pratique de leur sport. Et la recherche du succès.
De plus, les deux institutions véhiculent un message très important d'inclusion et de tolérance.
Le CPC a connu une croissance et une visibilité importantes au cours des dernières années. De quelles réalisations êtes‑vous le plus fier jusqu'à présent ?
Le rôle de président du CPC est avant tout celui d'un ambassadeur du mouvement paralympique. Lorsque j'ai été élu à ce poste, la trentaine de fédérations sportives qui composent le Comité étaient à la recherche d'une personne qui a une visibilité et des liens au sein du milieu des affaires. Quelqu'un de l'extérieur du milieu sportif, qui amènerait une nouvelle vision.
Grâce à cette approche, la marque du mouvement paralympique au Canada ne s'est jamais aussi bien portée. Quand j'ai commencé mon implication, il y a près de 30 ans, personne ne connaissait les sports paralympiques. Aujourd'hui, les paralympiens sont reconnus comme des athlètes exceptionnels, et jouissent du respect et de l'admiration de tous les Canadiens.
Ces liens avec le monde des affaires ont aussi entraîné une augmentation importante des dons et des commandites. Nous avons d'ailleurs mis sur pied une fondation qui récolte un vif succès. Toutefois, tous les organismes sportifs au Canada font face à d'importants défis financiers. Ceci nous a permis, lors des Jeux de Paris, de remettre pour la première fois aux médaillés paralympiques des bourses du même montant que celles reçues par les médaillés olympiques. Nous sommes ainsi parvenus à mettre fin à ce qui constituait une discrimination inacceptable envers les athlètes paralympiques.
Quels progrès avez‑vous observés dans l'engagement des entreprises, et de la société, envers l'inclusion des personnes aux prises avec un handicap ? Et quels défis restent-ils à relever ?
Je constate des améliorations à tous points de vue, même s'il reste encore beaucoup de travail à accomplir. Dans plusieurs pays, les personnes handicapées étaient encore jusqu'à récemment considérées comme des gens marginaux au sein de la société.
Mais lorsque l'on présente des compétitions paralympiques, la présence d'athlètes avec un handicap envoie un message extrêmement puissant au sein des populations, et peut même changer complètement les mentalités. Des gens qui étaient des marginaux deviennent des héros nationaux. Il s'agit d'un apport très concret du mouvement paralympique : changer la vision des gens par rapport aux personnes qui ont un handicap physique.
Comment le CPC contribue-t-il à préparer les athlètes à l'approche des Jeux ?
La mission du CPC est d'envoyer les équipes d'athlètes formant Équipe Canada aux Jeux paralympiques. Ceci inclut entre autres le voyage et l'habillement, le transport de matériel sportif, dont des bateaux et des chevaux, et la mise sur pied d'équipes médicales et de sécurité. Nous organisons aussi la couverture médiatique des Jeux, ainsi que la venue de dignitaires ou de donateurs qui se rendent assister aux compétitions.
Notre objectif premier est de s'assurer que les athlètes évoluent dans les meilleures circonstances possibles, afin qu'ils puissent se concentrer exclusivement sur leur performance.
Le CPC a aussi un second objectif qui est de promouvoir le mouvement paralympique et, à travers les athlètes, d'Suvrer à changer les mentalités au Canada par rapport aux personnes avec un handicap.
Y a‑t‑il des athlètes, des disciplines ou des histoires en particulier qui, selon vous, résonneront fortement auprès des Canadiens cette année ?
Tous les athlètes paralympiques ont une histoire à raconter. Ils ont surmonté des obstacles et vécu des drames humains. Ce sont des personnes qui offrent des performances sportives, mais aussi des témoignages humains, hors du commun.
Comme pour chacun des Jeux paralympiques, je souhaite que ceux de Milano Cortina transmettent aux Canadiens un message d'excellence et de dépassement, et qu'ils contribuent à faire évoluer les mentalités.
En tant que président du CPC, je tiens d'ailleurs à remercier tous nos commanditaires et donateurs. Sans leur soutien, et celui du gouvernement fédéral, nous ne pourrions pas envoyer Équipe Canada représenter notre pays aux Jeux paralympiques.
En terminant, je souhaite aussi souligner le soutien exemplaire aux athlètes paralympiques démontré par les associés, la direction, et tous les membres de Fasken.
Bon Jeux à toutes et à tous !